Chihuahua-Creel

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Chihuahua

Jeudi 20 octobre 2011, 7h15, Hotel central de Chihuahua. Nous sommes arrivés la veille, anesthésiés par 20 heures de voyages et une nuit sans fin. Au petit matin, nous prenons l’ascenseur direction le rez de chaussée, l’extérieur, le Mexique quoi ! Les portes automatiques vont s’ouvrir sur un autre monde dans 15 secondes, nous aurons alors 30 jours pour parcourir ce pays du nord au sud, le goûter, le regarder vivre sans oublier d’y vivre nous même, le photographier et le mémoriser sans altérer son authenticité. 30 jours pour ralier Cancùn et l’extrème sud-est, 30 jours aussi pour prendre son temps, mais prendre son temps en un temps imparti est-ce possible ? Il n’est plus l’heure de se poser ce genre de question…5 secondes, je me regarde dans la glace, est ce que je fais touriste ? Bien sur je fais toutou ! Mais bon après tout, faire toutou à Chihuahua…

Sur le trottoir face à l’entrée nord Del palacio del Gobierno, un homme interpelle les passants. Malgré le flot des voitures qui nous sépare j’entends sa voix depuis l’autre rive. Il parle, photos à l’appui scotchées sur un panneau de bois, des meurtres qui ont endeuillés sa famille en 2008. Les tueurs auraient échappés à la justice et l’homme clame son indignation. Les photos des victimes ensanglantés, visiblement tuées par balles, sont surplombées par un titre évocateur : LE MASSACRE DE CREEL.
Creel, notre prochaine étape.

Creel

Le village de Creel s’organise le long de la rue principale Lopez Mateos, Avenue poussiéreuse qui chatouille des mémoires de westerns. Sur quelques centaines de mètres en ligne droite les boutiques d’artisanats succèdent aux restaurants et aux hôtels. Creel est une étape touristique sur la voie qui relie Chihuahua à Los Mochis. Néanmoins, octobre est une période creuse, il y a peu de touristes mexicains et encore moins de touristes occidentaux. Les récents évennements violents qui ont secoués tout le Mexique et principalement les villes frontières du nord, sans oublier le massacre perpétré en toute impunité ici même en 2008 par des narco-trafiquants, semblent avoir découragés beaucoup de candidats au tourisme vert.

Depuis l’arrivée des Espagnols aux 16ème siècle les Tarahumaras n’ont cessé de reculer au plus profond des canyons afin de préserver leur mode de vie. Les Jésuites ont été les premiers à s’ingérer dans cette communauté. Les Tarahumaras, comme beaucoup d’autres ethnies indiennes du Mexique ont, depuis, intégré les icônes du catholicisme tout en conservant leur propre mythologie et leurs rituels. Ce peuple paisible et non violent s’adapte aux conditions que la vie lui impose.

Entre le marteau des narcos et l’enclume de l’occidentalisation.

Aujourd’hui ce sont les narcotrafiquants qui investissent les canyons reculés pour forcer des villages entiers à cultiver la coca. Une autre pression, celle de la surexploitation forestière de la sierra. Encouragée par le gouvernement depuis une trentaine d’année, elle a engendré une inéxorable érosion des sols. Couplée à la sécheresse des 3 dernières années, ces 2 facteurs réunis sont vraisemblablement les causes majeures de la famine qui a touché les Raramuris début 2012. Le plan gouvernemental d’urgence est arrivé trop tard pour sauver de la mort des dizaines d’individus, pour la plupart des enfants.

Demain, l’aéroport flambant neuf désenclavera cette région, et le tourisme de masse imposera une nouvelle pression sur cette communauté fragile. La charmante bourgade gentiment touristique, jusque là alimentée par le dernier train du mexique, grandira inéxorablement pour devenir sans doute une grande station du tourisme vert.
Ce que le gouvernement mexicain n’a pas investi pour protéger les Tarahumaras des narcotrafiquants et empêcher la dégradation de leur environnement, parions qu’il l’investira probablement pour protéger ses intérêts et les futurs nombreux touristes qui viendront profiter de la sierra. Une Sierra que l’on nomme pourtant Tarahumara.

Prochaine page EL Chepe, le dernier train du Mexique. El fuerte, la ville de Pancho Villa.

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